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1. Mise au point  

Écrit par Léna

Lorsque Fanny m’a proposé d’écrire, je ne pensais pas que ça serait si difficile.

Pourtant j’ai toujours aimé ça. C’est un exercice que j’ai pratiqué de nombreuses fois.

Mais là, j’ai dû faire face à ma vie un peu en pagaille, pour l’expliquer à des personnes inconnues.

Je me suis demandé ce que j’avais le droit de partager, est-ce que ça causerait du tort à certaines personnes de mon entourage, ou est-ce que ça intéresserait quelqu’un ? 

Alors j’ai pris cet exercice comme un cadeau pour moi-même. Une façon d’y voir aussi plus clair, de faire le point. Et de me rappeler aussi, lorsque je regarderai derrière mon épaule, de tout le chemin parcouru.

 

Mais revenons en arrière. 

Moi, c’est Léna, j’ai vingt-cinq ans et je suis une femme en construction. 

Aujourd’hui, ces mots me semblent justes. Me correspondent. 

 

Avant aujourd’hui, j’ai été lycéenne, étudiante, ouvrière, paumée, suicidaire, apprentie, maquilleuse… Je suis surtout restée coincée. Coincée dans ce rôle de petite fille parfaite. Qui doit être polie, gentille, mais qui doit savoir se défendre. Qui doit exceller dans ses études, travailler beaucoup, tout en aidant aux tâches ménagères. Qui doit avoir une très bonne condition physique et une tête bien faite. Qui doit faire attention à son argent, mais tout de même faire des cadeaux au cousin de la grand-tante. 

Qui doit plaire. Plaire à tout le monde. Faire attention à ce que les autres vont penser d’elle et agir en conséquence.

Cette petite fille, je la remercie profondément et chaleureusement. Elle m’a protégée, elle m’a permis d’arriver là où je suis. Mais aujourd’hui, elle étouffe la femme qui cherche à prendre sa place.

 

Avant aujourd’hui, j’ai fait une licence en architecture. Ces trois années ont, socialement et intellectuellement, été les plus riches de mon parcours scolaire, mais j’étais très malheureuse. Je dormais peu, je mangeais mal, je travaillais énormément. Malgré tout ça, c’est là-bas que j’ai rencontré mon copain, avec qui je suis toujours aujourd’hui.

Et puis j’ai décidé sur un coup de tête de tout arrêter. Premier changement de voie vécu comme un « échec ». Premier « retour à zéro ».

 

Faute d’avoir plus de temps pour y réfléchir (je n’avais plus beaucoup de temps pour m’inscrire dans les écoles), j’ai décidé de partir dans le graphisme, discipline qui me plaisait beaucoup.

C’était dur pour mon ego de postuler à un BTS (Bac+2) après avoir eu une licence (Bac +3). J’avais l’impression d’avoir fait tout ça pour rien. 

Surtout qu’à ce moment-là, je me suis trouvée face à un mur. N’ayant pas fait de Bac Arts Appliqués, je ne pouvais postuler à aucun BTS Design Graphique. Les inscriptions étant gérées par un robot, en ligne, aucune dérogation n’était possible et ma licence en architecture n’y changeait rien. J’ai alors démarché les lycées de France afin d’expliquer ma situation. Tous m’ont rétorqué que si « Admission Post Bac » n’acceptait pas ma candidature, ils ne pouvaient rien pour moi. Super.

J’ai alors contacté un lycée situé dans les quartiers Nord de Marseille : celui dans lequel ma sœur avait elle-même fait un BTS, cinq ans plus tôt. Ce fut le seul à accepter de me recevoir en entretien, grâce à un professeur qui avait connu ma soeur. J’ai détesté l’entretien, je me suis sentie très mal à l’aise, je ne voulais pas aller à Marseille, je ne voulais pas quitter mon copain car j’en étais très dépendante. Mais j’ai été prise. Alors j’y suis allée, faute de mieux. 

Et ce fut la descente aux enfers. J’ai fini par vouloir me tuer. 

Ma mère a répondu à mon appel à l’aide et m’a donné l’autorisation que je n’osais pas espérer : elle m’a aidée à arrêter le BTS. Ça ne faisait que trois mois que j’étais à Marseille. 

Et même s’il a fallu affronter le regard des autres et le jugement impitoyable de certains membres de ma famille, je suis rentrée, soulagée.

Second « échec », encore plus dur à encaisser que le premier.

 

 

Je me suis installée avec mon copain, toujours étudiant, et j’ai travaillé à l’usine le temps de clarifier ma situation, mes envies, mes projets.

 

Et puis une idée un peu folle m’a traversé l’esprit lors d’un brainstorming sur ce que j’aimais faire : et si je devenais maquilleuse ? J’ai mis longtemps avant de m’autoriser à y réfléchir sérieusement. J’avais peur de la réaction de mes parents, peur de ne pas avoir l’argent pour payer une telle formation, peur de ce que les gens diraient : « une architecte devenue maquilleuse-coiffeuse, de quoi aurais-je l’air ? »

 

Là encore, tout s’est fait très vite. J’ai pris la décision de me lancer dans cette voie et j’ai été prise dans une très bonne école de maquillage et coiffure, spécialisée dans les arts du spectacle. Ce que j’y ai découvert était fabuleux ! J’ai particulièrement adoré apprendre à fabriquer des perruques et à monter des coiffures historiques. J’ai eu la chance immense de faire deux stages à l’Opéra de Lyon, qui m’ont donné envie de devenir perruquière. Mais j’aurais aussi bien pu être costumière, calligraphe, brodeuse d’art, créatrice de bijoux, danseuse… Je suis une grande touche-à-tout, pleine de passions et d’envies et, déjà à ce moment-là, je sentais que quelque chose au fond de moi me disait de ne pas m’arrêter là. 

 

En 2018, j’ai créé ma micro-entreprise en tant que maquilleuse-coiffeuse et j’ai passé mon CAP coiffure en cours du soir afin de continuer à apprendre. 

Finalement, grâce aux opportunités que la vie m’a apportées, je me suis spécialisée dans la mise en beauté de la mariée. J’ai vécu de merveilleux moments auprès de mes clientes les plus chères, mais la petite voix cherchait toujours à se faire entendre. 

 

Car j’ai aussi vécu des moments de doute profond, des crises d’angoisse, des envies de tout envoyer balader, de tout arrêter, encore une fois. J’ai beaucoup pleuré, je m’arrêtais sur le seul mariage de la saison qui s’était moins bien passé alors que tous les autres avaient été une « réussite ». J’attendais constamment la validation de mes clientes afin de me sentir mieux

Je n’étais jamais satisfaite de mon travail, j’avais beau me répéter que tant que la cliente était contente, c’était le principal, je n’arrivais pas à m’en persuader.
J’étais profondément mal dans ma peau. Je me sous-estimais, me comparais sans cesse. Je me répétais que je manquais de créativité, que mon travail n’était qu’une pâle copie du travail d’autres personnes. Je prenais de moins en moins de plaisir à faire ce que je faisais. 

Sans parler de mon insécurité financière constante ! Je ne gagnais pas ma vie, je me sentais tourner en rond, sans perspective pour connaître l’abondance.

Tant de fois j’ai voulu tout plaquer !

 

Vous voyez l’histoire que je me racontais ? 

Vous voyez le schéma qui se répète ?

 

Et puis un jour, l’une de mes mentors, avec seulement une petite phrase, a bousculé ma vie.

 

 « Léna, il est urgent que tu investisses sur toi ». 

 

Je me suis d’abord sentie attaquée, blessée. J’ai longtemps ruminé, puis j’ai laissé cette idée de côté. 

Il faut dire que ça fait presque dix ans que je fais des thérapies et, si ces thérapies m’ont toutes aidée au moment où j’en ai profité, je me sentais démunie. J’avais beau déjà investir sur moi, rien ne semblait bouger. Pas assez vite du moins. 

 

En attendant, j’ai cherché à diversifier mon activité et à donner plus de sens à mon métier. Je suis passée à des produits de beauté plus naturels et éco-responsables et j’ai commencé à proposer des services d’accompagnement vers une meilleure estime de soi par le maquillage. 

Je voulais inclure une dimension thérapeutique à mon travail. 

Je voulais accompagner toutes ces femmes qui se retrouvent sur ma chaise à maquillage et qui se livrent à moi. Qui me partagent leurs complexes, leur manque d’estime, les difficultés qu’elles rencontrent dans leur vie de femme, de mère ou d’épouse.

Je voulais faire une différence, les accompagner dans l’exploration et la (re)naissance de leur féminité, afin qu’elles puissent apprendre à devenir la femme de leur vie.

Je sentais que je touchais quelque chose qui m’animait, mais je me suis laissé rattraper par mon manque de légitimité et mes défis face à ma propre féminité. 

Cette question me restait en tête : comment donner à quelqu’un ce que l’on n’a pas soi-même ?

 

Et puis un jour, à la fin d’une saison de mariages mise à mal par la pandémie, j’ai enfin eu l’occasion d’investir sur moi.

Je suis persuadée que, dans la vie, il n’y a pas de hasard. Je n’avais entendu parler de Fanny qu’à travers l’évolution de ma sœur qui suivait alors « Ma routine miracle ». Le jour où elle m’a appelée pour me dire que sa coach sortait un programme pour les entrepreneurs et qu’elle était persuadée que ça pourrait changer ma vie, je me suis précipitée sur la page du programme. 

Fanny y décrivait avec une exactitude déconcertante ma vie telle qu’elle était : chaotique, remplie de peurs et d’insécurité. Puis elle m’a laissé entrevoir à quoi cette vie pouvait ressembler. Ce que j’y ai lu m’a profondément chamboulée : et si je me débarrassais de mes peurs, de mon insécurité ? Et si je pouvais enfin vivre de manière saine et sereine ? Déménager dans la maison de mes rêves, devenir indépendante ? 

C’était ma chance, et j’ai suivi mon intuition, j’ai dépassé mes peurs et j’ai foncé. 

 

Est-ce que j’ai failli renoncer quinze fois avant de m’inscrire ?

Est-ce que je me suis dit que je n’avais pas assez d’argent ? 

Est-ce que j’ai eu peur de cet énorme engagement d’un an ?

Est-ce que je me suis demandé si j’étais prête ?

 

Bien sûr que oui…

Mais j’ai surtout vu ça comme un investissement, justement. Je me suis dit que ce que je dépensais là, la vie me le rendrait. Je me suis dit que ça valait le coup. Ma vie et mon bien-être (et donc celui de ma famille) n’ont pas de prix.

Je pense que je n’aurais jamais été plus prête qu’à ce moment-là. 

 

Aujourd’hui, je suis en transition.

Le programme de Fanny est ma transition. Je sais qu’il y aura un avant et un après. Cet après, alors que je n’y croyais presque plus, je commence à le toucher du doigt chaque jour un peu plus.

Tous ces rêves, ces perspectives, que je pensais impossibles à réaliser, je les visualise, j’y crois. 

Et parce qu’il faut y croire pour le voir, j’ai hâte de voir ce que la vie me réserve.

 

Je ne sais pas si demain je serai toujours maquilleuse, mais je sais que mon envie d’accompagner les femmes à comprendre leur féminin, à se reconnecter à elles et à la beauté de la vie est toujours très forte.

Ce travail, je le fais moi-même en ce moment. Et cette évolution professionnelle, je la vois comme ce qu’elle est : une suite, une continuité du parcours déjà effectué.

Tous les événements que j’ai vécu comme des échecs, je les vois aujourd’hui comme de belles étapes par lesquelles je devais passer pour être la femme lumineuse que j’aspire à devenir.

Ma vie n’est pas un long fleuve tranquille, mon chemin est plutôt sinueux. J’accueille cela avec beaucoup de douceur désormais. 

Je n’ai pas fini d’apprendre, de me former, d’évoluer.  

Ce programme plein de défis, de remises en question, de prises de conscience, de coups de pied aux fesses, d’entraide et de belles leçons de vie a déjà été moteur de nombreux changements en moi.

 

Aujourd’hui, j’ai hâte de voir quelle femme je vais devenir.

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