6. Routines

Ça y est.

Je l’ai fait.

 

J’ai acheté le cahier d’exercices Ma routine miraculeuse de Fanny.

Je ne savais pas à quel point il me serait précieux avant de l’avoir dans les mains.

 

Fanny nous parle souvent de ses routines, et nous a même fait travailler sur la nôtre.

Moi qui ai toujours eu du mal à sortir du lit, je suis fière de dire que depuis trois mois, je me lève à 6h15 (presque) tous les matins. Je ne pensais pas dire ça un jour mais qu’est-ce que ça fait du bien !

 

« Croyez-moi, si je l’ai fait, tout le monde peut le faire » est le genre de phrase qui me faisait grincer des dents, et qui, au lieu de me motiver, me minait le moral…

Mes pensées ressemblaient à « pfff, pourquoi elle dit ça, c’est plus facile pour elle », ou « moi, je ne peux pas y arriver ». Je me sentais démotivée avant même d’avoir essayé, je restais dans l’inaction et obtenais le résultat qui confirmait ma pensée de départ : je n’y arrivais pas.

 

TOUT se joue dans nos pensées.

 

Alors aujourd’hui, j’espère que vous ne grincerez pas des dents, mais j’aimerais vous dire que, croyez-moi, si je l’ai fait, vous pouvez le faire !

J’ai changé mon habitude lorsque j’ai changé ma pensée. Ce 1er janvier, j’ai décidé que je voulais avoir cette énergie, connaître ce bien-être dont tout le monde parle.

J’ai préparé une nouvelle routine, à base d’écriture, de sport et de lecture. Rien de bien compliqué, seulement des choses qui me parlaient, qui me faisaient envie.

 

Et j’ai été bluffée.

 

Oui, c’était dur de se lever.

Oui, ça l’est parfois encore.

Oui, il faut de la discipline.

Oui, souvent j’ai envie de tout plaquer.

Mais OUI ! ça en vaut tellement la peine !

 

Toute cette nouvelle énergie pour planifier, passer à l’action, définir de nouveaux objectifs… Moi qui étais beaucoup dans mon énergie féminine, tournée vers l’intérieur, dans la détente, la lenteur, la douceur, équilibrer mes énergies me fait le plus grand bien.

Je découvre aussi les bienfaits de la définition d’objectifs. Parfois, lorsque je prends du recul, je réalise à quel point j’avançais à l’aveugle. Je vivais au jour le jour, des rêves plein la tête, en attendant que les choses se passent par miracle.

 

Aujourd’hui, grâce au cahier Ma routine miraculeuse et aux programmes, j’affine mes envies, je définis de nouveaux projets, je détermine de nouveaux objectifs, je les décompose en plus petits… Et pas à pas, je suis le chemin de mes rêves.

J’avais l’habitude d’être effrayée par la montagne, aujourd’hui je décide de me concentrer sur toutes les petites marches qui me permettent de la gravir.

 

C’est ça, la puissance d’une routine.

Et la bonne nouvelle c’est que vous aussi, vous pouvez le faire.

5. Choix

S’il y a bien quelque chose qui me donne du fil à retordre dans la vie, c’est prendre des décisions. Faire des choix.

 

Choisir, c’est renoncer. Et j’ai tellement de difficultés à accepter ça !

Sur mon CV, il est écrit que je suis une grande touche-à-tout, pleine de passions et d’envies, enthousiasmée par tous les apprentissages de la vie.
Sur mon site internet, vous pourrez lire que j’aurais pu être costumière, calligraphe, brodeuse d’art, perruquière, créatrice de bijoux ou danseuse…

 

Fanny nous répète souvent cette phrase d’Oprah Winfrey : Tu peux tout être, mais pas en même temps.

Mais alors, qui est-ce que je veux être aujourd’hui, dans le moment présent ?

 

Cette question m’obsédait tellement qu’elle est devenue un blocage. Plus je focalisais dessus, plus le blocage grossissait. Impossible de trouver la réponse. Je ne voulais pas choisir.

J’avais peur de me tromper, peur d’encore de devoir recommencer à zéro.
Mon plan était de prendre du recul, ne pas me précipiter. Attendre d’être sûre. Fuir le choix.

 

Nous avons eu un live ce dimanche. Et le déclic a eu lieu.

 

Fanny a prononcé la phrase qui a tout changé : « Léna, tu ne seras jamais sûre ».

Alors j’ai compris. Je n’ai pas à être sûre. Il me suffit de faire un choix, de m’engager à fond dans ce choix, et de tout faire pour que ce choix soit le bon. Ne rien lâcher, et travailler jusqu’à obtenir le résultat souhaité.

 

Pour moi, c’est la même problématique que le couple. Une fois le coup de foudre passé, on peut choisir de retrouver de la nouveauté ailleurs, et de tout recommencer encore et encore, en répétant un schéma.

Mais on peut aussi choisir de nourrir son couple, réviser son système de pensée, travailler pour le faire fonctionner. Connaître un autre amour, plus profond. Cet amour-là demande effort et discipline.

 

Je sais que c’est aussi ce qui m’attend dans mon entreprise. Effort et discipline. Casser certaines croyances, en construire d’autres. Avoir la conviction que cela va fonctionner et s’engager à ne pas abandonner avant d’avoir réussi.

C’est un vrai défi pour moi qui ai une fâcheuse tendance à fuir et à lâcher. Ma vie professionnelle est une suite de balbutiements, d’essais non concluants, de métiers arrêtés avant d’avoir été suffisamment explorés.

Je vivais dans la peur de ne jamais pouvoir casser ce schéma.

 

Jusqu’à ce que je réalise qu’une « simple » chose pouvait tout changer : un choix.

 

Avant, je pense que tout mon être aurait résisté, en me proposant une phrase du type « c’est plus facile à dire qu’à faire ! »

Aujourd’hui, j’ai vraiment pris conscience et intégré que je suis à 100% créatrice de ma vie. J’en suis donc responsable et elle est le reflet de mes croyances.

Je sais que pour casser le schéma de la « lâcheuse », je dois commencer à aller au bout des choses.
Je ne dis pas que ça sera facile, et j’ai remarqué que lorsque je dépasse une peur, cinq autres me sautent au visage. Mais avec des efforts et de la discipline, j’ai l’intention de réussir.

 

Je fais le choix, de réussir.

4. Douceur

Grâce aux thèmes et aux exercices du moment que sont l’affirmation de soi, les limites, et la vulnérabilité, j’ai réalisé que j’avais une croyance très ancrée en moi : je suis persuadée que je ne peux pas à la fois m’affirmer, dire non, poser des limites et rester bienveillante, sensible et gentille.

Une rupture s’est formée dans mon esprit entre force et douceur.

J’ai eu envie de me prêter à un jeu, celui d’écrire ma douceur.

Je crois que c’est l’exercice d’écriture le plus compliqué que j’ai eu à faire.

Ecrire ma douceur… ça ne vient pas naturellement.

Pour m’aider, j’écoute Les Nocturnes de Chopin. Niveau douceur, on peut difficilement faire mieux.

Et puis j’ai fait une recherche sur internet. Il faut bien commencer quelque part.

La douceur serait associée à la “douceur de caractère.”

C’est là que je me suis questionnée : la douceur serait-elle opposée à la force de caractère ?

Jane Austen décrit Elizabeth Bennett* comme ayant une “grande force de caractère”, et même si j’ai longtemps souhaité lui ressembler, je me sens bien loin de son caractère indépendant, son intransigeance et sa personnalité téméraire.

Aujourd’hui, je pense simplement être dotée d’autres forces.

La douceur en ferait-elle partie ? Là, maintenant, je crois que oui.

La douceur est un mot que j’utilise pour me décrire, pour me vendre même. C’est un trait de caractère que j’aime chez moi. Mais jusqu’aujourd’hui, je ne m’étais jamais penchée sur le sens de MA douceur.

Ce que je sais, c’est que ma douceur est liée à ma gentillesse, ma bienveillance ou encore mon amour, valeurs que je chéris.

J’ai longtemps cru qu’être gentil était une faiblesse. Peut-être parce qu’on m’a dit un jour que je n’irai pas loin avec ma gentillesse. À ce moment-là, avec toute la douceur du monde, j’ai fermement répondu que je n’étais pas d’accord.

La gentillesse est souvent associée au mot “trop” dans la bouche des autres. Tu es trop gentille. Mais par rapport à quoi, à qui ?

Ma douceur est une force.

Elle me définit, au côté de bien d’autres traits de caractère.

Aujourd’hui, je ne veux plus en avoir honte, mais la célébrer. Être doux n’est pas être mou. Cela demande du courage de rester fidèle à soi-même, à ses convictions, tout en respectant l’autre. De s’affirmer avec fermeté sans blesser ou humilier.

Ma douceur n’est pas linéaire, bien au contraire.

Car finalement, si je sais être conciliante, à l’instar d’Elizabeth Bennett, je peux parfois faire preuve d’intransigeance. Pour répondre à ma propre question, ma douceur EST une force de caractère. Et il en faut pour accepter cette douceur qui rend parfois vulnérable dans cette société. Car ma douceur est aussi sensible et empathique.

Pour toutes ces raisons, ma douceur est puissante et je ne l’échangerai contre rien au monde. Elle fait partie de qui je suis. Si je résume, une femme forte, gentille, bienveillante, aimante, courageuse, non linéaire, parfois conciliante, parfois intransigeante, vulnérable, sensible, empathique, puissante…

Oui, je suis tout ça, et bien plus encore.

Qu’il est bon d’en prendre conscience !

Et qu’est-ce que j’aime Chopin !

 

*Personnage du roman Orgueil et préjugés.

3. Bonheur

Que voulez-vous vraiment dans la vie ?

Si vous  me posez la question, je vous répondrais certainement que je veux être heureuse.

Comme 99% des êtres humains, sûrement.

 

Alors, la question à se poser ensuite, doit être « comment ? », n’est-ce pas ? 

 

Comment être heureux ?…

Il y a encore quelques mois, je pensais que le bonheur se trouvait dans les choses à l’extérieur de moi que je n’avais pas. Que je serai plus heureuse lorsque je serai plus mince et que j’aurai une belle maison, un enfant, plus d’argent…

Je riais au nez des gens qui disaient que « l’argent ne fait pas le bonheur ». J’étais persuadée que je devais être riche pour être heureuse. Sinon comment pourrai-je manger bio, m’acheter des vêtements éthiques, avoir ma grande maison au bord de la forêt, voyager, payer l’école Montessori à l’enfant que je n’ai pas encore ?

 

Comme si mon bien-être et toutes mes émotions dépendaient de facteurs extérieurs à moi-même. 

Comme si acheter tel vêtement, telle expérience ou tel objet  m’apporterait de la joie, du plaisir ou de l’amour, me permettrait de changer la façon dont je me sens.

 

Alors que mes émotions sont créées à l’intérieur de moi, par mon esprit. J’ai un contrôle total sur elles.

Elles ne dépendent que de mes pensées.

L’assimilation de ce principe a eu l’effet d’une bombe en moi. 

Cela faisait tellement sens ! 

 

Peut-être avez-vous déjà atteint des objectifs en pensant que cela vous rendrait heureux, alors que la réalité était toute autre ? Une fois avoir obtenu le poids idéal, le chiffre d’affaires attendu, la maison rêvée… vous sentez-vous vraiment heureux ? 

Personnellement, jamais. Il y avait toujours quelque chose que je n’avais pas encore, j’avais toujours besoin de plus. 

 

J’avais un système de pensée basé sur le manque, plutôt que sur l’abondance.

 

Et puis j’ai commencé  à pratiquer la gratitude. 

J’ai toujours entendu que c’était un outil remarquablement puissant, mais je  n’avais jamais vraiment pris la peine d’essayer. Cela me paraissait trop facile pour être efficace…

Mais à force d’entendre Fanny nous répéter que le développement personnel n’a pas à être compliqué, j’ai tenté.

 

Deuxième bombe en moi.

 

Chaque jour, voir tout ce que je possède déjà, ne plus rien prendre pour acquis, briser le cercle vicieux du manque. 

Découvrir ma richesse. 

Celle d’être en bonne santé. D’avoir un toit, à boire et à manger. D’être entourée par ma famille et mes amis. Celle d’avoir accès à l’éducation, à l’électricité, à internet…

 

Chaque jour, remercier la vie pour les moments de rire, de connexion, d’accomplissement, de douceur. 

 

Chaque jour, désirer profondément ce que j’ai déjà. 

Je désire profondément avoir la liberté de construire mes journées selon mon propre rythme,

Je désire profondément posséder un espace dans lequel je me sens chez moi, en sécurité et en paix,

Je désire profondément être amoureuse de mon meilleur ami…

 

C’est puissant. 

Car finalement, ce qui détermine notre niveau de bonheur, et toute émotion que nous ressentons, c’est la façon dont nous pensons.

2. Engagement

Un si petit mot pour une action si importante. Celle de faire une promesse. A quelqu’un, pourquoi pas, mais surtout, à soi-même.

 

Je n’avais jamais vraiment pensé au sens de l’engagement pour moi. 

En y réfléchissant bien, cette promesse, je ne la fais presque jamais. On pourrait presque croire que je la fuis. 

 

Je me suis demandé pourquoi ? Pourquoi l’engagement me fait-il si peur ?

Est-ce la crainte de me sentir étouffée, prisonnière ?

Est-ce parce que je veux pouvoir rester libre ? Libre de pouvoir me tromper, revenir sur mes décisions, sans que cela n’ait trop d’importance ? 

Sans doute.

Pourtant, la liberté n’est-elle pas intimement liée à l’engagement ? Paradoxalement, afin de devenir libre, ne faut-il pas s’en faire la promesse ?

“La liberté n’est pas l’absence d’engagement mais la capacité de choisir”, nous dit Paulo Coelho. 

Choisir de poursuivre ses rêves, s’engager à tout faire pour y arriver. 

 

Dans ma vie, j’ai vécu beaucoup de situations comme des échecs. Autour de ça, j’ai construit des croyances, je me suis mise dans des cases. Celles d’être une lâcheuse qui ne va jamais au bout des choses, d’être une ratée qui ne trouvera jamais sa voie. Et autant de mots durs et de pensées violentes.

Aujourd’hui, je sais que c’est la manière qu’a la vie de m’orienter dans une autre direction. Tous ces détours sont devenus des expériences qui m’ont permis d’arriver là où je suis aujourd’hui. 

Petit à petit, l’oiseau fait son nid.

 

En m’inscrivant aux programmes de Fanny, je me suis engagée à aller au bout. À terminer ce que je commençais.

Mais en faisant ce pacte avec moi-même, j’étais loin de m’imaginer à quel point ce serait dur de l’honorer.

Une fois l’excitation et l’adrénaline de la prise de décision retombées, une fois le bout de papier signé, je me suis retrouvée face à mes peurs, à mes doutes.

 

Tous les jours, je pense à rompre cet engagement en abandonnant. 

Mais, tous les jours, je mets un peu plus de conscience sur mes comportements, mes mécanismes de défense, mes résistances. 

Et tous les jours, je teste ma force de caractère, ma persévérance, ma détermination à changer le cours des choses. 

Car, tous les jours, je tiens bon. Un pas après l’autre, je trace le chemin vers ma nouvelle vie. 

 

Si j’ai hésité à m’engager avec Fanny, c’est certainement parce que je savais au fond de moi que je m’apprêtais à faire la promesse la plus importante de ma vie : celle qui me changerait à jamais. Celle qui me permettrait d’être stable, ancrée, libre et heureuse.

Plus que la peur d’échouer, et si j’avais peur de réussir ? De rencontrer cette nouvelle Léna, de découvrir cette nouvelle vie? 

 

J’ai déjà eu tellement de déclics et de prises de conscience… Un nouveau monde s’ouvre à moi : celui où tout est déjà là, à l’intérieur de moi. 

Je suis émue en écrivant ces lignes, touchée de savoir que sans cet engagement, j’aurais certainement déjà lâché. Il faut de la ténacité et du courage pour faire un travail profond sur soi.

 

Je m’en rends compte aujourd’hui, j’ai cela en moi. Nous l’avons tous.

Il suffit d’une promesse.

 

1. Mise au point  

Lorsque Fanny m’a proposé d’écrire, je ne pensais pas que ça serait si difficile.

Pourtant j’ai toujours aimé ça. C’est un exercice que j’ai pratiqué de nombreuses fois.

Mais là, j’ai dû faire face à ma vie un peu en pagaille, pour l’expliquer à des personnes inconnues.

Je me suis demandé ce que j’avais le droit de partager, est-ce que ça causerait du tort à certaines personnes de mon entourage, ou est-ce que ça intéresserait quelqu’un ? 

Alors j’ai pris cet exercice comme un cadeau pour moi-même. Une façon d’y voir aussi plus clair, de faire le point. Et de me rappeler aussi, lorsque je regarderai derrière mon épaule, de tout le chemin parcouru.

 

Mais revenons en arrière. 

Moi, c’est Léna, j’ai vingt-cinq ans et je suis une femme en construction. 

Aujourd’hui, ces mots me semblent justes. Me correspondent. 

 

Avant aujourd’hui, j’ai été lycéenne, étudiante, ouvrière, paumée, suicidaire, apprentie, maquilleuse… Je suis surtout restée coincée. Coincée dans ce rôle de petite fille parfaite. Qui doit être polie, gentille, mais qui doit savoir se défendre. Qui doit exceller dans ses études, travailler beaucoup, tout en aidant aux tâches ménagères. Qui doit avoir une très bonne condition physique et une tête bien faite. Qui doit faire attention à son argent, mais tout de même faire des cadeaux au cousin de la grand-tante. 

Qui doit plaire. Plaire à tout le monde. Faire attention à ce que les autres vont penser d’elle et agir en conséquence.

Cette petite fille, je la remercie profondément et chaleureusement. Elle m’a protégée, elle m’a permis d’arriver là où je suis. Mais aujourd’hui, elle étouffe la femme qui cherche à prendre sa place.

 

Avant aujourd’hui, j’ai fait une licence en architecture. Ces trois années ont, socialement et intellectuellement, été les plus riches de mon parcours scolaire, mais j’étais très malheureuse. Je dormais peu, je mangeais mal, je travaillais énormément. Malgré tout ça, c’est là-bas que j’ai rencontré mon copain, avec qui je suis toujours aujourd’hui.

Et puis j’ai décidé sur un coup de tête de tout arrêter. Premier changement de voie vécu comme un « échec ». Premier « retour à zéro ».

 

Faute d’avoir plus de temps pour y réfléchir (je n’avais plus beaucoup de temps pour m’inscrire dans les écoles), j’ai décidé de partir dans le graphisme, discipline qui me plaisait beaucoup.

C’était dur pour mon ego de postuler à un BTS (Bac+2) après avoir eu une licence (Bac +3). J’avais l’impression d’avoir fait tout ça pour rien. 

Surtout qu’à ce moment-là, je me suis trouvée face à un mur. N’ayant pas fait de Bac Arts Appliqués, je ne pouvais postuler à aucun BTS Design Graphique. Les inscriptions étant gérées par un robot, en ligne, aucune dérogation n’était possible et ma licence en architecture n’y changeait rien. J’ai alors démarché les lycées de France afin d’expliquer ma situation. Tous m’ont rétorqué que si « Admission Post Bac » n’acceptait pas ma candidature, ils ne pouvaient rien pour moi. Super.

J’ai alors contacté un lycée situé dans les quartiers Nord de Marseille : celui dans lequel ma sœur avait elle-même fait un BTS, cinq ans plus tôt. Ce fut le seul à accepter de me recevoir en entretien, grâce à un professeur qui avait connu ma soeur. J’ai détesté l’entretien, je me suis sentie très mal à l’aise, je ne voulais pas aller à Marseille, je ne voulais pas quitter mon copain car j’en étais très dépendante. Mais j’ai été prise. Alors j’y suis allée, faute de mieux. 

Et ce fut la descente aux enfers. J’ai fini par vouloir me tuer. 

Ma mère a répondu à mon appel à l’aide et m’a donné l’autorisation que je n’osais pas espérer : elle m’a aidée à arrêter le BTS. Ça ne faisait que trois mois que j’étais à Marseille. 

Et même s’il a fallu affronter le regard des autres et le jugement impitoyable de certains membres de ma famille, je suis rentrée, soulagée.

Second « échec », encore plus dur à encaisser que le premier.

 

 

Je me suis installée avec mon copain, toujours étudiant, et j’ai travaillé à l’usine le temps de clarifier ma situation, mes envies, mes projets.

 

Et puis une idée un peu folle m’a traversé l’esprit lors d’un brainstorming sur ce que j’aimais faire : et si je devenais maquilleuse ? J’ai mis longtemps avant de m’autoriser à y réfléchir sérieusement. J’avais peur de la réaction de mes parents, peur de ne pas avoir l’argent pour payer une telle formation, peur de ce que les gens diraient : « une architecte devenue maquilleuse-coiffeuse, de quoi aurais-je l’air ? »

 

Là encore, tout s’est fait très vite. J’ai pris la décision de me lancer dans cette voie et j’ai été prise dans une très bonne école de maquillage et coiffure, spécialisée dans les arts du spectacle. Ce que j’y ai découvert était fabuleux ! J’ai particulièrement adoré apprendre à fabriquer des perruques et à monter des coiffures historiques. J’ai eu la chance immense de faire deux stages à l’Opéra de Lyon, qui m’ont donné envie de devenir perruquière. Mais j’aurais aussi bien pu être costumière, calligraphe, brodeuse d’art, créatrice de bijoux, danseuse… Je suis une grande touche-à-tout, pleine de passions et d’envies et, déjà à ce moment-là, je sentais que quelque chose au fond de moi me disait de ne pas m’arrêter là. 

 

En 2018, j’ai créé ma micro-entreprise en tant que maquilleuse-coiffeuse et j’ai passé mon CAP coiffure en cours du soir afin de continuer à apprendre. 

Finalement, grâce aux opportunités que la vie m’a apportées, je me suis spécialisée dans la mise en beauté de la mariée. J’ai vécu de merveilleux moments auprès de mes clientes les plus chères, mais la petite voix cherchait toujours à se faire entendre. 

 

Car j’ai aussi vécu des moments de doute profond, des crises d’angoisse, des envies de tout envoyer balader, de tout arrêter, encore une fois. J’ai beaucoup pleuré, je m’arrêtais sur le seul mariage de la saison qui s’était moins bien passé alors que tous les autres avaient été une « réussite ». J’attendais constamment la validation de mes clientes afin de me sentir mieux

Je n’étais jamais satisfaite de mon travail, j’avais beau me répéter que tant que la cliente était contente, c’était le principal, je n’arrivais pas à m’en persuader.
J’étais profondément mal dans ma peau. Je me sous-estimais, me comparais sans cesse. Je me répétais que je manquais de créativité, que mon travail n’était qu’une pâle copie du travail d’autres personnes. Je prenais de moins en moins de plaisir à faire ce que je faisais. 

Sans parler de mon insécurité financière constante ! Je ne gagnais pas ma vie, je me sentais tourner en rond, sans perspective pour connaître l’abondance.

Tant de fois j’ai voulu tout plaquer !

 

Vous voyez l’histoire que je me racontais ? 

Vous voyez le schéma qui se répète ?

 

Et puis un jour, l’une de mes mentors, avec seulement une petite phrase, a bousculé ma vie.

 

 « Léna, il est urgent que tu investisses sur toi ». 

 

Je me suis d’abord sentie attaquée, blessée. J’ai longtemps ruminé, puis j’ai laissé cette idée de côté. 

Il faut dire que ça fait presque dix ans que je fais des thérapies et, si ces thérapies m’ont toutes aidée au moment où j’en ai profité, je me sentais démunie. J’avais beau déjà investir sur moi, rien ne semblait bouger. Pas assez vite du moins. 

 

En attendant, j’ai cherché à diversifier mon activité et à donner plus de sens à mon métier. Je suis passée à des produits de beauté plus naturels et éco-responsables et j’ai commencé à proposer des services d’accompagnement vers une meilleure estime de soi par le maquillage. 

Je voulais inclure une dimension thérapeutique à mon travail. 

Je voulais accompagner toutes ces femmes qui se retrouvent sur ma chaise à maquillage et qui se livrent à moi. Qui me partagent leurs complexes, leur manque d’estime, les difficultés qu’elles rencontrent dans leur vie de femme, de mère ou d’épouse.

Je voulais faire une différence, les accompagner dans l’exploration et la (re)naissance de leur féminité, afin qu’elles puissent apprendre à devenir la femme de leur vie.

Je sentais que je touchais quelque chose qui m’animait, mais je me suis laissé rattraper par mon manque de légitimité et mes défis face à ma propre féminité. 

Cette question me restait en tête : comment donner à quelqu’un ce que l’on n’a pas soi-même ?

 

Et puis un jour, à la fin d’une saison de mariages mise à mal par la pandémie, j’ai enfin eu l’occasion d’investir sur moi.

Je suis persuadée que, dans la vie, il n’y a pas de hasard. Je n’avais entendu parler de Fanny qu’à travers l’évolution de ma sœur qui suivait alors « Ma routine miracle ». Le jour où elle m’a appelée pour me dire que sa coach sortait un programme pour les entrepreneurs et qu’elle était persuadée que ça pourrait changer ma vie, je me suis précipitée sur la page du programme. 

Fanny y décrivait avec une exactitude déconcertante ma vie telle qu’elle était : chaotique, remplie de peurs et d’insécurité. Puis elle m’a laissé entrevoir à quoi cette vie pouvait ressembler. Ce que j’y ai lu m’a profondément chamboulée : et si je me débarrassais de mes peurs, de mon insécurité ? Et si je pouvais enfin vivre de manière saine et sereine ? Déménager dans la maison de mes rêves, devenir indépendante ? 

C’était ma chance, et j’ai suivi mon intuition, j’ai dépassé mes peurs et j’ai foncé. 

 

Est-ce que j’ai failli renoncer quinze fois avant de m’inscrire ?

Est-ce que je me suis dit que je n’avais pas assez d’argent ? 

Est-ce que j’ai eu peur de cet énorme engagement d’un an ?

Est-ce que je me suis demandé si j’étais prête ?

 

Bien sûr que oui…

Mais j’ai surtout vu ça comme un investissement, justement. Je me suis dit que ce que je dépensais là, la vie me le rendrait. Je me suis dit que ça valait le coup. Ma vie et mon bien-être (et donc celui de ma famille) n’ont pas de prix.

Je pense que je n’aurais jamais été plus prête qu’à ce moment-là. 

 

Aujourd’hui, je suis en transition.

Le programme de Fanny est ma transition. Je sais qu’il y aura un avant et un après. Cet après, alors que je n’y croyais presque plus, je commence à le toucher du doigt chaque jour un peu plus.

Tous ces rêves, ces perspectives, que je pensais impossibles à réaliser, je les visualise, j’y crois. 

Et parce qu’il faut y croire pour le voir, j’ai hâte de voir ce que la vie me réserve.

 

Je ne sais pas si demain je serai toujours maquilleuse, mais je sais que mon envie d’accompagner les femmes à comprendre leur féminin, à se reconnecter à elles et à la beauté de la vie est toujours très forte.

Ce travail, je le fais moi-même en ce moment. Et cette évolution professionnelle, je la vois comme ce qu’elle est : une suite, une continuité du parcours déjà effectué.

Tous les événements que j’ai vécu comme des échecs, je les vois aujourd’hui comme de belles étapes par lesquelles je devais passer pour être la femme lumineuse que j’aspire à devenir.

Ma vie n’est pas un long fleuve tranquille, mon chemin est plutôt sinueux. J’accueille cela avec beaucoup de douceur désormais. 

Je n’ai pas fini d’apprendre, de me former, d’évoluer.  

Ce programme plein de défis, de remises en question, de prises de conscience, de coups de pied aux fesses, d’entraide et de belles leçons de vie a déjà été moteur de nombreux changements en moi.

 

Aujourd’hui, j’ai hâte de voir quelle femme je vais devenir.