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Mille millions de mille sabords ou les bienfaits de la colère

Écrit par Rédaction

Si les colères de roman, de BD ou de cinéma nous font sourire et rendent certains personnages particulièrement attachants, il n’en est pas toujours de même dans la réalité. Les irascibles nous exaspèrent et les manifestations colériques nous apparaissent bien souvent comme un manque de savoir-vivre et de maîtrise de soi. Dans une société qui tend à édulcorer ses propos, la manifestation de cette émotion a-t-elle encore sa place ? Et comment exprimer une « saine » colère ?

 

La colère du capitaine Haddock ou le paradoxe des émotions fictionnelles

 

Même si nous savons que les personnages de notre série préférée n’existent pas, nous pleurons lorsqu’ils meurent, rions de leurs travers ou sommes en colère contre les malotrus qui leur manquent de respect… Mais la colère éprouvée depuis notre canapé est-elle une véritable émotion ? Et pourquoi admirons-nous chez eux cette capacité à clamer haut et fort une opposition que nous condamnerions dans la réalité ?

Selon certains philosophes, cette émotion proviendrait d’une incohérence momentanée : nous sommes absorbés par ce qui se passe sous nos yeux, ou ce que nous lisons, au point d’échapper un court instant à la réalité.

Selon le philosophe américain Kendall Walton, c’est notre imagination, toujours sollicitée en présence d’une œuvre de fiction, qui mettrait nos croyances sur pause pendant l’immersion dans la fiction.

Quoi qu’il en soit, ces émotions diffèrent de celles que nous vivons au quotidien car elles n’enclenchent pas les actions qui leur sont habituellement associées. Nous ne nous précipitons pas sur l’écran pour corriger ou calmer ce personnage qui s’en prend à une fillette, par exemple. En revanche, la fiction nous donne des indications sur nous-mêmes en nous plaçant dans l’émotion que nous ressentirions dans la même situation.

Quand à savoir pourquoi nous admirons ou nous nous attachons à un personnage aussi haut en couleur et irascible que le capitaine Haddock, eh, bien, il ne fait de mal à personne, n’est-ce pas ? Et peut-être que nous aimerions, comme lui, de temps en temps nous livrer totalement à une colère libératrice, pousser quelques jurons bien sentis ou invectiver le malheureux qui a eu l’audace de nous déplaire.

 

L’expression de la colère

 

Lorsque nous parlons du capitaine Haddock, personnage qui ne fait de mal à personne en s’emportant comme il le fait dans une fiction, nous touchons un point important : dans la réalité, la colère touche et blesse l’entourage si elle est mal exprimée et elle est souvent perçue comme une émotion négative.

Elle est pourtant l’émotion la plus énergisante, celle qui nous pousse à changer les choses qui nous semblent injustes et est ainsi vecteur de progrès. Ainsi, les colères de l’Abbé Pierre ont amené des élans de fraternité et la colère des femmes au XXème siècle a abouti au droit de vote, de contraception, etc.

Exprimée avec modération et respect pour l’entourage, elle permet, selon Latifa Gallo (« Les 50 règles d’or de la gestion de conflits », Larousse), de poser des limites dans nos relations, afin d’être respectés et de nous accorder une juste valeur. Exprimer sa colère permet ainsi de devenir acteur de sa vie relationnelle plutôt que de la subir. De plus, la colère intériorisée, étouffée, finit par sortir de façon ni maîtrisée ni parfois même appropriée ou proportionnelle à ce qu’il vient de se passer. Pour l’auteur, la colère est sans doute « l’émotion la plus difficile à apprivoiser car elle procure le plus de satisfaction intérieure. Elle déclenche un monologue intérieur qui plonge dans l’autosatisfaction, puisque sous son emprise, un individu est persuadé d’avoir raison ».

La notion de modération et de respect est ici essentielle ; il s’agit d’en faire un usage constructif et non de se livrer à la violence ; il est donc nécessaire de dissocier l’expression d’une émotion et le passage à un acte regrettable : l’une est légitime, l’autre ne l’est pas. On oublie donc les injures pittoresques du capitaine Haddock pour exprimer calmement sa colère en utilisant la première personne du singulier : « Je ressens de la colère parce que… » remplacera utilement « Bande d’ectoplasmes de tonnerre de Brest ! ».

 

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